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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 21:17
Quand notre rando s'affiche sur les murs de Valcebollère

Dans les Corbières des Pyrénées-Orientales, le village abandonné de Périllos revendiquait : Ici les murs ont des oreilles ! 

Valcebollère, ancien village d'ardoisiers en Cerdagne, blotti sous une épaule du massif du Puigmal, pourrait dire la même chose. Depuis des années, Étienne Laffitte, le propriétaire de l'auberge des Écureuils, affiche sur les murs les itinéraires et les histoires de cette vallée de bergers, chasseurs, passeurs d'hommes et de contrebandiers.

En février 2016, nous l'avons suivi en rando raquettes pour raconter le chemin de la Royal Air Force, paru dans le Pyrénées magazine Spécial Hiver, illustré par des photos de Christophe Levillain. Cela lui a tellement plu que notre article s'est retrouvé affiché désormais sur un mur de Valcebollère. Une première !

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 10:44
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona
Les saveurs de la cité du chocolat Valrhona

Vous êtes plutôt blanc, noir ou au lait ? Eh oui, on a testé un atelier de fabrication à la Cité du chocolat Valrhona, à Tain-l'Hermitage dans la Drôme. Une fois n'est pas coutume, on n'est pas dans les Pyrénées. On est carrément sur une autre planète quand on plonge dans les délices du chocolat.

Le parcours repose sur une visite interactive et multisensorielle, qui a l'art de captiver les enfants mais aussi les plus grands. Tout commence par le Carré des sens pour mieux reconnaître les différents chocolats. Après s'être mis les papilles en appétit, on passe au comptoir des recettes où l'on doit identifier les senteurs et vérifier dans un grand buffet les ingrédients de fabrication.

Des petits écrans font ensuite découvrir les meilleures plantations du monde et donnent envie de devenir chercheur et sélectionneur de fèves de cacao. Évidemment, on découvre aussi la saga Valrhona, chocolaterie créée en 1922 par un pâtissier pour offrir son savoir-faire aux chocolatiers, glaciers, boulangers et chef restaurateurs. De nos jours, elle a ouvert une école gourmet et propose même des stages dans le labo Dulcey avec un pâtissier.

Les enfants réalisent un parcours ludique en suivant les mascottes Lili et Zoco. Le top du top, c'est de vivre un atelier du chocolat. Au moment de Pâques, c'est toujours un plaisir rare de préparer ses propres chocolats. Réunis en arc de cercle devant deux animateurs de la Cité, les enfants apprennent à fabriquer des fritures avec du chocolat liquide dans des moules. Concentration, précision et rapidité. Il faut les voir verser le chocolat à température sur les plaques avec des poches à douille. Après avoir laissé refroidir, c'est le démoulage, puis la décoration de leur sachet avec des papiers découpés.

La Cité propose aussi d'en savoir plus sur l'enrobage et l'obtention de chocolats frais. On apprend, de la cabosse au grué, les petites histoires du cacao, de la ganache dans tous ses états et les secrets de la fabrication du praliné. Des animations flash d'une quinzaine de minutes ponctuent la visite.

Et on ressort bien sûr, au bout de 2 ou 3 heures de visite, heureux, avec son sachet de chocolats. 

 

Pour en savoir plus : http://www.citeduchocolat.com/fr

La Cité du Chocolat, 12 avenue du Président Roosevelt, Tain-l'Hermitage. Tél. : 04 75 09 27 27.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 17:21
Le dossier de Pyrénées magazine sur Perpignan diffusé sur Pyrénées FM
Le dossier de Pyrénées magazine sur Perpignan diffusé sur Pyrénées FM
Le dossier de Pyrénées magazine sur Perpignan diffusé sur Pyrénées FM
Le dossier de Pyrénées magazine sur Perpignan diffusé sur Pyrénées FM
Le dossier de Pyrénées magazine sur Perpignan diffusé sur Pyrénées FM

À la suite de notre dossier de 12 pages consacré au nouveau visage culturel de Perpignan la Catalane, dans le Pyrénées magazine de mars-avril, notre partenaire radio, Pyrénées FM, a réalisé deux émissions spéciales qui seront diffusées vendredi 17 et samedi 18 mars, de 10 h à 12 h. Les enregistrements ont été réalisés par Sylvain Athiel (sur les photos) en compagnie de son équipe : Marc, Claire, Annabelle et Elsa.

Les enregistrements ont eu lieu, place Arago, avec la complicité d'une bonne part de quelques acteurs qui font l'actualité de la "Fidelissima" et qui sont en lien avec l'article écrit par notre journaliste Patrice Teisseire-Dufour. Celui-ci présentera Pyrénées magazine et expliquera les raisons de ce dossier, liés notamment à la future ouverture du musée du Grand Rigaud et à celle de l'université Mailly.

Parmi les invités, on pourra entendre Marie-Claire Baills, directrice de l'offfice de tourisme, évoquer les atouts de la ville et les grands événements à venir, Hélène Legrais, écrivaine, raconter son Perpignan et le monde du photojournalisme, Philippe Latger, président de l'association Perpignan Art déco, Julien Bieules, le programmateur de la salle de concert El médiator, Michel Cadet, le président de l'Insititut Jean-Vigo et Marie-France Allamel, de la Casa Musicale.

 

On peut écouter Pyrénées FM dans les Pyrénées-Orientales sur 107.9 à Perpignan, dans la Plaine du Roussillon et en Conflent, sur 105.6 en Cerdagne-Capcir et sur 92.7 à Porté-Puymorens.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 15:13
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança
Un isard dans la Carança

C’est arrivé entre le Planell de l’Estany, un dédale de rochers et le grand lac de la Carança. Nous descendons de la crête, quand à main gauche, juste avant le bel abri en pierre sèche rond, un isard nous attend. Nous nous arrêtons. On dirait qu’il cherche à nous dire quelque chose, le regard appuyé dans notre direction. Alors, nous le laissons agir. Il se met à traverser la rivière, passe devant nous, puis le troupeau de vaches et remonte se positionner sur l’autre versant, juste au-dessus de nous.

Ça me fait penser à d’autres belles et longues rencontres d’isards : à la Brèche de Roland, au-dessus de Canfranç, dans le vallon de Saoubiste, en montant vers En Beys…

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 12:49
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans
La Carrière de Balacet dans le Couserans

Avec son marbre rose veiné de vert, la carrière de l’Escalette a fait la renommée de Balacet, en Ariège, de 1867 à 1977. Face aux entailles, aux anciens câbles et aux blocs abandonnés sur place, Yves Rougès, notre guide spécialiste du Biros, nous a raconté la terrible et magnifique histoire de cette carrière où chaque bloc de 6 à 14 tonnes était descendu par câbles d’aciers et rondins de bois jusqu’à Balacet.

Il fallait au moins six hommes pour retenir le bloc. Les blocs étaient ensuite acheminés jusqu’à Laurens, dans l’Hérault où ils étaient sciés et polis pour être vendus à travers la France. On trouve du marbre de Balacet à la défense, dans l’hôpital de Lyon, l’hôtel de ville de Bordeaux, Tours…"

Pour en savoir plus sur cette riche et passionnante histoire de ce métier difficile, il faut lire Mémoire d’Ariège : le Couserans reste de marbre, des Cartophiles ariégeois”.

La carrière est aussi le prétexte à faire une boucle qui mène au col de l’Arraing. Sur le chemin, on rencontre des chevaux en estive, des vautours, découvre un parc à brebis, un abri de berger, un vaste panorama sur la vallée du Biros et sur le mont Valier.

Et surtout on déguste les fameuses croustades de Castillon-en-Couserans, avec de la chantilly, au cœur de la carrière. Ça vaut bien des restaurants étoilés !

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 11:44
Hommage au poète et écrivain catalan André Vinas

C’est un homme de lettres du pays catalan qui part et donc, comme on devrait dire, c’est une bibliothèque qui brûle. L’écrivain et poète André Vinas est mort, à l’âge de 92 ans, mercredi 8 mars 2017, à Argelès-sur-Mer.

Né à Alès, dans le Gard, en 1925, il est arrivé dans le Roussillon, en 1945, à l’âge de 20 ans. Il y passera 72 ans ! On l’a souvent qualifié de Cévenol. On est de là où on vit, notamment quand, comme André, on est aussi impliqué dans la vie de son pays.

André Vinas est devenu Catalan, pour l’amour d’une Catalane, Annie Fouga, pour la défense des paysages des Pyrénées-Orientales et pour la connaissance des écrivains et poètes de ce pays qu’il ne cessera de mettre en valeur : Pierre Camo, Paul Pugnaud, Jordi-Pere Cerda…

La première fois que j’ai rencontré André Vinas, c’était en 1996 pour me présenter son roman qu’il venait d’écrire avec sa femme : Le Crépuscule d’Avila aux éditions du Trabucaire. Ouvert, percutant, subtil et érudit, André Vinas suscitait la sympathie et l’admiration. Son côté ancien professeur de lettres classiques ou correcteur à L’Indépendant, du temps où le chanteur Jordi barre était chef d’atelier surgissait toujours. Pendant des années, entre 1997 et 2000, ce grand lecteur s’indignait des fautes d’orthographes qui surgissaient régulièrement de nos articles à La Semaine du Roussillon que nous réalisions, sans correcteur, et avec des bouclages tardifs, jusqu’à 3 h du matin, dans la nuit du mardi au mercredi, ce qui n’arrangeait pas la chose.

L’amoureux des mots, n’écrivait-il pas dans son Solstices :

Ainsi naît la terre des hommes,

Cultivée de mots familiers,

Et notre terreur ressurgit

Dès que l’innommée impose silence”(…)

Les mots sont les seuls repères

Pour naviguer dans ces récifs”.

Grâce à lui, nous découvrions énormément de sujets et d’auteurs différents. Tout d’abord, il faut citer l’écrivain Armand Lanoux, témoin d’Isis, sujet de sa thèse qui allait le faire devenir docteur ès lettres. Thèse éditée par Hachette en 1981, puis par Grasset en 1985. Armand Lanoux, secrétaire de l’Académie Goncourt, est l’auteur du Berger des Abeilles, édité chez Grasset. Un bel ouvrage qui narre l’histoire d’un groupe de résistants du Conflent, dirigé par Puig, inspirée de la vie de l’instituteur René Horte.

Poète d’abord, André Vinas publie six recueils, dès 1946, notamment Plages du temps chez Subervie en 1982 et enfin Égrenages en 2007 aux Publications de l’Olivier. Ami de du poète Jacques Gasc, il collabore à la revue de poésie des Écrivains méditerranéens Souffles où il mettra en valeur cinq poètes de Catalogne-Nord. Conférencier et auteur de nombreux articles dans des revues comme Massana, Reflets du Roussillon et Conflent, il met en valeur des artistes comme André Vick Mengus et des beaux sites, parfois oubliés.

Marin, amoureux de la mer autant que de la montagne pour laquelle il a été partie prenante pour la renaissance des feux de la Saint-Jean dans les années cinquante, il crée en 1997  avec Paul Goudin, photographe perpignanais et éditeur de cartes postales, le festival de montagne à Font-Romeu qui va durer trois ans. Puis il lance alors, en l’an 2000, le festival de la Mer à Argelès-sur-Mer qui perdure depuis 16 ans déjà. Il écrivait dans Plages du temps :

Ma mer respire au fond de l’ombre,

Si calme que je sens ton cœur

Battre au rythme de sa quiétude”.

Habitant à Taxo d’Avall, quartier d’Argelès-sur-Mer, il aimait se promener au milieu des sagnes, des agulls, des étangs. Il est l’auteur, en 1994, d’une pure merveille de style : À la recherche d’Étangs perdus, illustré par des photos de Didier Leclerc. Les paysages, il les connaît de son œil sûr de cartographe et de dessinateur et grâce à ses pieds de randonneur. Sur le même thème, il préface et illustre le roman de Pierre Bosc Malaïgue ou l’étang de feu, aux Publications de l’Olivier, plongeant le lecteur dans la vie des pêcheurs d’étang à l’époque charnière de l’aménagement du littoral. Particulièrement préoccupé par la défense de l’environnement et du patrimoine, il est récompensé en 2004 par le trophée environnemental CHENE pour son essai Paysage vivant in “Aspects du Roussillon” bulletin n°109 de la SASL des Pyrénées-Orientales. Même s’il est souvent peu entendu par les hommes politiques, ce sage, ce précurseur, qui ne cherche pas la gloire et le profit, dénonce alors la saturation de la côte, la désertification de la montagne, territoire de résidences secondaires et de friches, le réchauffement de la planète et la montée des eaux, citant avec humour qu’un jour, ce sera Argelès-sous-Mer. “Quels paysages pour demain ? Ils seront tributaires de notre volonté créatrice ou destructrice, ou de notre apathie. Ils vivent avec nous et disparaissent avec nous et notre responsabilité par rapport à leur devenir est totale. Nous les portons dans chacun de nos pensées et de nos actions, comme nous les portons en nous, en même temps que la pulsion de vie, la pulsion de mort, la possibilité de la guerre ou l’espoir de la paix”.

De 1997 à 2004, André Vinas assure les traductions en catalan des poèmes de Jordi-Pere Cerda : Paraula fonda, en 1997, Suite Cerdagne, en 2000, Cimetière de Port-Louis… et un miroir brisé de Jep Gouzy en 2000 aux Publications de l’Olivier, et En chantant autobiographie de Teresa Rebull en 2004, éditions Balzac.

Puis il est affecté par la mort de son épouse Annie, de ses amis Henri Sagols, président de Rivages des Arts en 2007 jusqu’à dernièrement, en octobre 2016, du poète et ami Pere Verdaguer qui avait écrit sa biographie, en 2002, aux Publications de l’Olivier, dans la collection des Classiques roussillonnais, et qui avait réalisé l’étude et la traduction de son anthologie poétique Égrenages, parue aux Publications de l’Olivier en 2007.

André Vinas écrivait alors dans Mots de Passe :

Ceux qui sont partis avant nous

Ne nous attendront pas longtemps

Car le temps leur est mesuré.

Ils nous font signe ;

Il faut les rejoindre”.

 

Les complications de la vie et la distance géographique m’ont éloigné ces dernières années d’André. Mais il reste un homme avec lequel je partage toujours cet amour de la montagne et de la mer, des Pyrénées-Orientales, des paysages que nous portons, de la poésie moderne et bien sûr des mots.

D’André, il me reste ses articles dans mon énorme collection de la revue Conflent, ses ouvrages à lire et relire. Et puis dans ma mémoire toujours cette bouille ronde, animée par le collier d’une barbe blanche et des lunettes et dont les mots faisaient mouche à chaque coup pour élever le débat, rendre pertinent et intelligent tel sujet.

J’espère que j’étais assez précis, André ?

J’espère qu’on se souviendra de toi, André !

Hommage au poète et écrivain catalan André Vinas
Hommage au poète et écrivain catalan André Vinas
Hommage au poète et écrivain catalan André Vinas
Hommage au poète et écrivain catalan André Vinas
Hommage au poète et écrivain catalan André Vinas
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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 22:19
En souvenir de deux montagnards au Valier
En souvenir de deux montagnards au Valier

Souvenirs d'une montée au mont Valier avec Michel Sébastien et Yves Rougès, en octobre 2015 et avec Hélène, la journaliste stagiaire et le photographe François Laurens. Le soir, au refuge des Estagnous, ça chantait les Pyrénées !

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 22:16

J’ai rencontré Gao Xingjian, le prix Nobel de littérature français, à Toulouse, le 25 janvier 2008. Il venait de parrainer le concours « écrire sans frontières » à l’institut Platon. Nous nous sommes entretenus vingt minutes juste avant qu’il ne rentre sur Paris. Mon magazine « Pyrénées magazine » voulait savoir s’il connaissait l’histoire des cathares et s’il s’y était penché. Ce qui ne fut pas le cas. Je ne rédigeai donc pas d’article à son sujet, mais gardai, comme une oeuvre inaboutie, mes notes dans un tiroir, puis dans son livre « la Montagne de l’Ame » que la gardienne du refuge de Mariailles, Marie-Josée Ordronneau, allait m’offrir, par un curieux hasard et sans avoir rien demandé, quelques mois après.

Pour qui écrivez-vous ?

Quand on écrit, on est solitaire. Je fais cela sans penser aux lecteurs. Je veux dire : pas pour plaire aux gens, mais pour en avoir besoin pour soi-même. Ecrire n’est pas un métier. Le don de l’écriture, c’est se révéler. L’auteur a besoin de s’exprimer. Je n’ai commencé à publier qu’à l’âge de 38 ans, après la mort de Mao et avoir quitté la Chine, en 1979. Car en Chine très vite, j’ai été censuré. J’ai connu le camp de rééducation pendant six ans. C’était dangereux de montrer mes écrits aux gens.

En France, aller à la rencontre du lecteur devient un acte social. C’est intéressant de connaître la réaction du public au sujet de son roman : c’est très varié. J’ai toujours un public chaleureux. Cela me confirme que ce travail solitaire atteint les lecteurs. Cela montre que ce genre de littérature froide qui n’attend pas d’échos a de l’importance. Cela vaut à l’universel.

Connaissez-vous l’histoire des Cathares, ces hommes qui avaient choisi de croire en Jésus-Christ d’une autre manière que celle de l’église catholique aux XIIe et XIIIe siècles ?

Non, je ne connais pas leur histoire. Je ne suis pas croyant. J’ai un sentiment plutôt religieux. Les religions ne sont pas une oppression, sauf si elles prennent le pouvoir. A notre époque, nous avons subi la pression de la politique. Les temples m’apportent sérénité, trésor des sens et esthétisme.

Recevoir le prix Nobel, quel poids est-ce que cela a-t-il eu sur vous ?

Grâce à mon destin, je suis heureux d’avoir plusieurs vies. Ma vie en France a été bouleversée après la réception du prix Nobel en 2000. Maintenant, j’habite Paris. Je reviens rarement dans mon appartement de Bagnolet. J’ai trop d’obligations. Ce prix ne pourrait être qu’une décoration. Mon propre travail, c’est la création artistique et littéraire.

Est-ce que la marche a une valeur de réflexion et de mûrissement de la phrase comme pour Jean Giono et Julien Gracq ?

C’est vrai, la marche stimule ma réflexion. Même si ma santé ne me permet pas trop de voyages, aujourd’hui, aller dans les montagnes, quel bonheur ! Tout seul devant la nature, c’était bien. J’ai parcouru les montagnes du Tibet. Je suis entré dans des régions forestières. J’ai toujours envie de repartir en promenade. Cela me rappelle l’époque où j’ai écrit « la Montagne de l’âme ». C’est le livre d’un homme seul. J’hésité un grand nombre de fois à l’écrire. Faut-il évoquer les souvenirs de ces cauchemars-là ? Ce fut un livre nécessaire pour moi et les Chinois sur cette période de la Chine pour dépeindre les conditions existentielles des gens et la politique de la terre. Il faut être très lucide en face de cela. C’est comme montrer comment le nazisme a progressé pour gagner tout le peuple. Mon livre décrit comment il a contaminé toute la population chinoise. Beaucoup de gens étaient rééduqués afin de devenir des hommes nouveaux.

Car la paix et la liberté sont les deux grands thèmes qui vous font avancer ?

Sans pouvoir, on ne peut pas faire la guerre ou l’arrêter. Je ne crois pas que la plume d’un écrivain puisse faire changer la guerre. Je cherche des livres pour savoir comment des gens sont entraînés dans la terreur. Un écrivain doit dévoiler ce mécanisme.

C’est ce qui vous fait le plus peur ?

Le plus grand danger du XXIe siècle est le changement atmosphérique pour notre condition de vie. Si la planète continue de se réchauffer comme ça, ce sera catastrophique pour les êtres humains. En été, il y a des villes en Chine où la température atteint 45°C et où personne n’a trouvé et proposé d’alternatives. C’est le thème de ma récente exposition picturale en Allemagne : « la fin du monde ». On consomme toujours plus. On veut toujours plus de profit. Nous allons droit vers la perte de nos ressources naturelles. La première alternative est que tout le monde roule à bicyclette. Il faut penser : est-ce que la voiture est toujours nécessaire pour se déplacer ? Et il faut réorganiser les cités en fonction des transports en commun.

Propos recueillis par Patrice Teisseire-Dufour

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 10:49
Nouveau topo guide : 26 balades dans l’Hérault

Géographe et cartographe, Patrick Mérienne propose 26 balades dans tout le département de l’Hérault, du Cirque de Navacelles à Avène.

Si les classiques sont là, comme le pic Saint-Loup, le massif du Caroux et le cirque de Mourèze, on pourra se régaler de patrimoine avec la cathédrale de Maguelone posé sur un bout de rivage à côté de Palavas, l’oppidum d’Ensérune qui domine l’étang de Montady, la cité de Minerve à la pointe de deux gorges.

Mais on s'enrichira aussi de paysages surprenants comme le lac de Salagou, le marais de Méjean, le ravin des Arcs, canyon miniature, les gorges d’Héric…

Certains secteurs sont très riches comme le Caroux avec 4 balades, autour d’Octon avec 3 balades et Saint-Guilhem le Désert avec 3 balades.

Pratique pour son petit format, qu’on peut glisser dans une poche ou dans un sac à dos, le guide offre aussi une carte détaillée à chaque balade, des informations, notamment toute une présentation historique de l’histoire et des paysages héraultais.

L’Hérault, Patrick Mérienne, coll. Balades, Ouest-France, 9, 90 €.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 11:36
Rencontres autour des livres de voyage à la médiathèque de Mauléon samedi 18 février

La médiathèque de Mauléon-Licharre, au Pays basque, (Pyrénées-Atlanqtiques) organise des Rencontres autour des livres, samedi 18 février, de 10 h à 18 h. Cette année, ce sera “le voyage et les liens avec le récit, le documentaire, le film”, en présence d'auteurs et écrivaines.

Depuis quelques années, Mauléon-Licharre consacre des journées à la célébration des livres, des auteurs et des lecteurs. Les échanges autour d’une table ronde sont l’occasion de découvrir des problématiques autour de l’écriture. Cette année, ce sera le voyage et les liens avec le récit, le documentaire, le film. Comment transcrire les expériences du voyage ? Quelles difficultés, quels enjeux, quels messages pour l’écrivain voyageur ? Les auteurs et écrivaines présents apporteront des réponses riches et passionnantes à ces nombreuses questions.


Dès 10 h, parole sera donnée aux auteurs avec présentation de leur travail et de leurs dernières publications :

Cathy Constant Elissagaray pour « Parcours naturalistes en Pays basque » (livre), Patrice Teisseire-Dufour, journaliste à Pyrénées magazine
pour pour « Raconte-moi les Pyrénées », « Randonnées dans les Pyrénées » et peut-être ses tous derniers « récits hauts perchés » aux éditions Gypaète, Yves Cossic, poète, auteur de l’article « Retour du Chiapas autonome ou l’envers du retour d’André Gide d’URSS et du Congo » dans le n°7 de la revue Hau, Philippe Bichon, originaux de ses carnets de voyage, croquis et dessins ; Gilles Rivière pour « Ina, nere ama Afrikarra » (conte pour enfants); Elsa Oliarj pour « Dans leur jeunesse, il y a du passé » (documentaire vidéo) ; Myriam Ayçaguer pour « Ni nüzü » (documentaire sonore).

 

11 h 30 : Diffusion du documentaire sonore « Ni nüzü » à la Maison du Patrimoine : variations sonores et poétiques sur les maisons de

Soule, leur nom et l’intimité de leur quotidien.

12 h 15 : Echanges avec la réalisatrice Myriam Ayçaguer.

14 h 30 : Lancement d’un concours de nouvelles à la Médiathèque par les éditions Astobelarra qui vous en dévoilera les formalités.

15h : Table ronde « Ecritures nomades, voyages immobiles » animée par Peio Cachenaut, avec les auteurs présents.

16h30 : Goûter musical aux saveurs orientales avec un joueur d’oud.

 

Venez rencontrer les intervenants à leur table de présentation d’ouvrages, où vous pourrez aussi, si vous le souhaitez, acquérir et faire dédicacer leurs livres. Rendez-vous à la médiathèque, 14 rue des Frères Barrenne - 64130 Mauléon-Licharre.
Tél. : 05 59 28 78 88 - www.mauleon-licharre.fr

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