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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:13

L’ascension du pech ou pic de Bugarach, point culminant des Corbières, dans l'Aude, est spectaculaire et le panorama sublime par temps clair. Surnommé la montagne aux sorcières, il est un sommet de haute montagne, à seulement 1230 m d'altitude.

Bug1  Cette montagne solitaire barre l’horizon d’est en ouest. Son énorme falaise barrée de stries rappelle une face ridée grimaçante à l’horizon. A l’ouest, quand on surgit de Rennes-les-Bains ou du plateau de Rennes-le-Château, c’est une montagne échevelée de pitons rocheux calcaires qui évoquent les êtres surnaturels.

Longtemps, elle fut surnommée « la montagne aux sorcières » pour ses rocs décharnés aux formes fantastiques. Enfin, du nord jusqu’à la Montagne Noire comme du sud, dans le Conflent, on dirait une montagne qui dispose une vaste table à son sommet si caractéristique. 

Le pech de Bugarach accapare les choses et les manifestations insolites. Déjà rien que par sa naissance, il est le coup de poing minéral qui témoigne de la puissance du plissement  pyrénéen. Cette montagne à l’envers a vu les calcaires du Jurassique basculer par-dessus les grés du Crétacé. 

 

la montagne de fin du monde

 

Le Bugarach entretient encore aujourd’hui tout un légendaire et une attirance pour les ésotéristes. Les croix ésotériques se remarquent de temps à autre dans la forêt de buis du col de Linas ou même sur une pierre au sommet du pech. D’ailleurs son appellation redonne la pêche à ceux qui osent le défier. Et ses 1230 m d’altitude sont régulièrement auréolés par le brouillard ou gardés par les vents.

Un seul autre pech des Corbières dévoile cette valeur , celui de Fraysse, à quelques encablures plein est, sur la montagne de Tauch. Enfin, dernière particularité, le Bugarach enfante un fleuve et des rivières. A ses pieds, face est naît l’Agly, au lieu dit des Patressis. Au sud-ouest, la Blanque, avant de border le village de Bugarach et de passer sous le pont romain,saute déjà de bonheur à la cascade des Mathieux. L’été, on y descend dans sa gorge pour se baigner à l’abri des regards, au-dessus d’une forêt de buis.  Face nord, on pourrait revenir goûter la source  salée de la Salz qui sourd près de la maison de garde, au-dessus de Sougraigne, dans un immense gisement de fossiles. La montagne sans cesse recommencée, dirait Paul Valéry. 

Les cheminées du Bugarach déjà se dessinent quand on le contourne sur le GR de pays face au Roc de la Beille. Dans ce long travelling, on appréhende un peu mieux son galbe. On saisit toute l’étrange beauté et la variété de cette montagne. Le parcours est d’ailleurs en tous points ludiques :  deux passages à gué de la Blanque pour savoir sautiller de rocher en rocher sans se mouiller. Descente et remontée. Et enfin, 480 m de montée quasiment tout droit pour aller chercher à passer par le chas d’une aiguille bleutée : la fameuse fenêtre qui cligne au sommet gauche. Une blague, quoi !  On laisse en bas les clarines d’un troupeau sur le plateau maudit de Malabrac.

D’un seul coup devant nous se dresse une falaise grise qu’il faut poliment assiéger  et prend d’assaut par la gauche. On se met à grimper avec plaisir dans un paysage ruiniforme surréaliste.

Ascension spectaculaire. Effets garantis ! Pitons et surplomb à gauche, cheminées à droite. Un dernier ressaut  et voici la fenêtre. On la contourne par une petite vire à gauche. A ne pas faire par temps de pluie. De là, le décor s’ouvre sur l’autre versant, sur cette montagne en forme de crabe ou de fer à cheval. On découvre un immense cirque de pierres tout en pente où dansent les choucas. Où passent parfois un circaète, un vautour percnoptère ou un mirage 2000. 

Après la crête de pierres, c’est l’ultime bosse à 1230 m qui offre la récompense : un panorama sublime jusqu’à la mer, sur la crête du navire de Peyrepertuse, la Serre de Vingrau, au nord jusqu’à Carcassonne et le pic de Nore, mais aussi au sud sur la chaîne des pics ariégeois, sur le Canigou. On y resterait des heures. Beaucoup viennent bivouaquer sur le replat herbeux à 1100 m ou dans le creux protégé par des pierres.

Avant de partir pour une descente infernale dans la forêt de buis vers le col de Linas, on admire la tourelle de la Pique Grosse et en bas les coquilles du village de Bugarach. Le pyrénéiste Georges Véron ne se trompait pas quand il classait le Bugarach parmi ses 100 sommets des Pyrénées.

 

 

 

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