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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:50

Morenci1.gifDimanche, nous avons cherché l’ancien tracé du chemin qui mène au Roc de la Tour, éperon sur le pog de Montségur (Ariège). Cet endroit se trouve à l'extrémité nord-est de cette île-montagne. C’est une falaise de 80 mètres qui domine l'entrée des gorges du Carroulet. C’est de là que nous sommes partis. Mais c’est devenu la forêt vierge. Mieux vaut partir depuis la piste tranquille depuis le hameau de Serre-Longue, toujours en balcon sur Montségur. Elle permettrait de rejoindre le pas del Roc.

Par sa position privilégiée, le Roc de la Tour fut utilisé dès l'Age du Fer sous forme d'éperon barré, avant d'être réaménagée au début du XIIIe siècle en poste de guet. On y trouve aujourd’hui un mur en pierres sèches haut d’un mètre. Le lieu fut pris de nuit par un groupe de montagnards gascons lors du siège, durant l’hiver 1243.

Ce site fait face à un endroit superbe : le lieu-dit de Morenci.

Entre les deux se joue toute une correspondance évidente qui s’exerçait déjà au Néolithique. Au carrefour, il faut admirer la croix de Morenci située sur un ancien cromlech. Un peu plus bas, dans les châtaigniers, le Roc de la Fougasse est une pierre de sacrifices pour certains, de fécondité pour d’autres.Roc-Fougasse1.gifIMG_4715.gif

A midi, coincé dans un angle du roc de la Chaire pour éviter le vent glacial, emmitouflé dans les couleurs de l’automne, nous avons pris le temps de croquer le paysage : le galbe du pog, entouré par les reliefs de la Montagne de la Frau, du Saint-Barthélémy et par la falaise de la Bartefeuille.

Mais nous n’en avions pas terminé. Il fallait baguenauder sur la piste tranquille du col des Balussous, jonchée d’une colonie de châtaignes. Nous avons découvert alors les ruines des Balussous, que la carte IGN était inexacte et que la crête de Labajounère n’offrait aucun point de vue au Roc Pounchut.

La traversée de la crête étant un vrai jeu de piste d’orientation, où il s’agit de repérer juste un trait jaune fluo pour ne pas se perdre. Mais ça passe. Au retour à Morenci, la vue sur Montségur vous saute toujours au visage.

Morenci2Croix.gif

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 15:49

C’est quand même dans les Pyrénées qu’on a retrouvé le plus vieil homme européen. L’Homo Erectus de Tautavel fréquentait la Caune de l’Arago dans les Corbières des Pyrénées-Orientales. Découverte en 1971, cette grotte abrite l’un des plus gros gisements préhistorique du monde. Mais les véritables premiers témoignages datent du Paléolithique supérieur avec l’art pariétal. Entre -15 000 et -10 000 ans, les Magdaléniens peignent ou gravent sur les parois de grottes comme celles d’Isturitz au Pays basque, Niaux, Bédeilhac, les Trois-Frères en Ariège, Gargas en Haute-Garonne.

Les Romains vont aménager toutes les grandes sources d’eaux chaudes, de Cauterets ou Capvern à Dorres ou Amélie. Deux grandes cités romaines se trouvent au pied des Pyrénées : Lugdunum Convenarum à Saint-Bertrand de Comminges et Consoranni à Saint-Lizier. Au cours de l’histoire, la Chanson de Roland rapporte l’embuscade tendue par les Vascons à l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne en 778.

Puis la croisade contre les cathares dès 1209 va changer la physionomie du Comté de Toulouse et du royaume d’Aragon. Le chemin de Saint-jacques de Compostelle, la peste Noire, Gaston Fébus, Henri IV vont marquer ce territoire jusqu’au traité des Pyrénées en 1659 qui entérine le rattachement de ce qui deviendra le département des Pyrénées-Orientales en 1792 et marque la frontière entre la France et l’Espagne.Cela créera deux particularités : l’enclave espagnol de Llivia en Cerdagne française reliée par une route neutre et le pays Quint en Basse-Navarre où les habitants sont français en terre espagnole.

La frontière sera définitivement délimitée en 1866 grâce à 602 bornes et croix, de la Bidassoa à une grotte sous-marine de la Méditerranée.

L’Andorre, elle, est le plus grand des petits états européens avec 465 km2. Codirigée historiquement par deux seigneurs, l’un laïc, le comte de Foix et ses successeurs et l’autre ecclésiastique,  l’évêque d’Urgell, cette principauté est gouvernée par un conseil de la vallée. Elle a prise son indépendance en 1993.

La première carte représentant l’ensemble de la chaîne date de 1675 grâce à Nicolas Sanson.

Le Pyrénéisme naît en 1802 grâce à Louis Ramond de Carbonnières qui met en valeur l’intérêt botanique, géographique, scientifique des Pyrénées. La chaîne sort alors de l’ombre et sera depuis toujours l’objet de découvertes pour son côté authentique et sauvage.

Napoléon Ier et Napoléon III travailleront à la mise en valeur de certaines stations thermales et développeront de nouvelles routes. Puis ce sera la saignée de la Première Guerre Mondiale et la désertification des années 50/60, même si c’est l’époque des grands barrages et de l’ouverture des stations de ski comme la première Saint-Lary-Soulan dans les Hautes-Pyrénées. 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 15:41

 

Les Pyrénées sont constituées de trois grands particuarismes : une kyrielle de trois mille, un pays de lacs et un animal emblématique qui embarrase : l'ours.

 

Tout d’abord la chaîne compte 212 trois mille en 11 massifs différents, du Balaïtous et pics de l’Infern, le premier à l’ouest au massif du Montcalm et de la Pique d’Estats le dernier à l’est. Au centre l’Aneto culmine en Aragon avec 3404 m, suivi du Posets à 3375, puis du Mont Perdu à 3355, première montagne calcaire d’Europe. On y trouve dans ses failles les plus hautes grottes glacées d’Europe, découvertes par Norbert Casteret.

Ces 3000 ont été à la mode dès le XIXe siècle quand Louis Ramond de Carbonnières, Henri Brulle, Henry Russell, les frères Cadier, Franz Schrader ont décidé de « savoir à la fois ascensionner, sentir et écrire », selon Henri Béraldi. Ces sommets possèdent encore une boîte aux lettres avec un livre d’or. C’est aussi un art de vivre la montagne aujourd’hui avec pour les randonneurs, des attentes et des comportements à respecter. Dans ces célèbres prédécesseurs, il faut citer Henry Russell pour ceux qui ne le connaissent pas. Ce Toulousain, devenu Palois, a aimé le Vignemale jusqu’à l’excentricité de le louer pour 99 ans à partir de 1889. Il habitait à la belle saison sept grottes qu’il s’est fait tailler dans sa montée : notamment Bellevue ou celle du paradis à quelques mètres sous le sommet de la Pique Longue à 3298 m d’altitude, plus haut sommet des Pyrénées côté français.

Parmi les sommets mythiques pour leurs formes et leurs légendes associées, on trouve le Canigou, montagne sacrée des catalans, phare de 2 784 m de haut pour les marins méditerranéens, le Mont Valier, emblème des Ariégeois du Couserans à 2838 m, le trapèze du Pic du Midi de Bigorre avec son célèbre observatoire sur le soleil à 2 877 m ou l’Ossau, cratère d’un ancien volcan de 11 000 m d’altitude qui s’est érodé en laissant la forme d’une molaire, surnommé le Jean-Pierre aujourd’hui à 2 884 m. Loin de la pollution, du confinement, de la surveillance et du bruit des villes, les urbains viennent chercher la liberté des grands espaces de cette frontière sauvage, à l’heure où les normes européennes, les contraintes, les règlements font que bientôt peut-être il ne faudra plus sortir des sentiers balisés, éviter à tous prix certaines saisons ou certains endroits.

 

Une autre particularité des Pyrénées est d’être le pays des 2000 lacs. Il en existe précisément 2 500 lacs et laquettes, dont les plus célèbres : lac d’Oô (31), lac de Gaube (65) lac du Néouvielle (65), lac d’Ayous (Béarn), lac de la Bernatoire (Aragon/65), lac Bleu du Chiroulet (65). Le plus haut est le le lac Cordier ou de la Maladeta en Aragon qui culmine à 2 950 m ! Les plus grands sont : Le Lanoux (66) Cap de Long (65) et Artouste (64). Les plus beaux sont peut-être le lac Vert (Luchonnais), Les Boums du Port et le lac de la Montagnette (31), le lac Long de Colomers (Encantats/Catalogne), lac de Sant Maurici (Encantats/Catalogne), l’étang Long du Valier (09), l’étang du Laurenti (09) ou l’Etang de la Hillette (09) ou le lac des Bouillouses (66).

Ce qui frappe finalement dans ces paysages, aux formes plus arrondies et plus vertes que les Alpes, c’est qu’elles sont peut-être comme des montagnes féminines, « plus sveltes, plus onduleuses et délicates que les Alpes, elles sont allongées et somnolentes : elles ont l’air de rêver au soleil », comme l’affirmait Henry Russell.

 

Troisième grande particularité des Pyrénées et sujet de polémique : les quelque 25 ours qui la peuplent. En trois ans, entre 2004 et 2007, cinq ont été réintroduits, quatre sont morts. Rares sont les personnes qui ont vu « le moussu » comme on le surnomme. Cela ne m’est jamais arrivé. Dangereuse la bête ? Elle n’a jamais attaqué personne, excepté deux chasseurs armés avec des chiens et puis, bien sûr, des brebis dont elle commet en moyenne 2% des prédations. Les chiens errants en commettent plus, jusqu’à 5%. Mais est-elle si utile que ça dans la sauvegarde de l’écosystème ? C’est peut-être déjà trop tard. Cela a forcé les bergers à faire garder leurs troupeaux par des patous, ces gros chiens blancs du pays, à mettre des enclos ou à faire monter plus souvent des éleveurs pour les surveiller. Le plantigrade divise en tout cas plus que jamais les Pyrénéens. La raison : les Pyrénées, avant tout pays de bergers, est touché de plein fouet par la crise de son pastoralisme. En trente ans, ses produits agro-alimentaires ont eu de plus en plus de mal à se vendre et les hommes à rester entretenir les prés de fauche. Ils n’ont pu alors limiter l’envahissement de la forêt sur les estives. Avec un cheptel de 80 000 brebis sur toute la chaîne, sept races confondues, dont les 3 000 de l’AOC Barèges-Gavarnie, le pastoralisme  cherche une voie de sortie. 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 15:37

« Les Pyrénées, c’est un monde », disait un slogan dans les années 90. C’est d’abord un massif constitué de particularités, d’une histoire forte et d’un riche patrimoine. C’est surtout un lieu de prédilection pour l’évasion grandeur nature.

 

Naissance d’un chaîne : Profil d’une cordillère

« Très peu de chaînes de montagnes présentent une diversité de perspectives aussi surprenante que les Pyrénées et aucune ne rassemble autant de paysages différents en aussi peu d’espace », assure le pyrénéiste Alain Bourneton. La cordillère des Pyrénées présente déjà la particularité de s’étaler d’est en ouest, alors que les chaînes principales du monde sont souvent exposées du nord au sud. Sa longueur, 430 km, fait qu’elle est aussi longue que les Alpes, avec l’avantage de joindre une mer à l’Océan.

Pour simplifier, c’est une frontière naturelle entre la France et l’Espagne depuis le traité de 1659, une barrière naturelle entre l’humidité et l’influence océanique au nord et la sécheresse et l’influence méditerranéenne au sud. D’une façon administrative, les Pyrénées, sont réparties entre six départements au nord : Les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Ariège, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques et trois régions : Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine.

Au milieu, elle est occupée par un petit pays autonome depuis 1993 : l’Andorre. Au sud, quatre grandes provinces espagnoles se partagent le gâteau pyrénéen qui s’étalent en largeur sur 150 km : Catalogne, Aragon, Navarre et à moindre mesure Guipuzcoa.

Nées il y a 80 millions d’années les Pyrénées sont apparues essentiellement lors de la collision des plaques tectoniques européenne et ibérique durant le Crétacé. 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:24

Inscrite au patrimoine mondiale de l’Humanité depuis 1998, la Cité déroule trois kilomètres de remparts hérissés de 52 tours qui protègent notamment une basilique et un château comtal. Allez à sa rencontre d’une nouvelle façon afin de faire parler ses pierres cachées ou oubliées.

 

CarcaTwitLa Cité, tout le monde connaît ou presque. Ses 52 tours, sa double enceinte, son château comtal, son embrasement de 30 minutes chaque 14 juillet, son festival au grand théâtre depuis 50 ans, ses estivales d’orgue depuis 20 ans … Depuis près de 2000 ans qu’elle existe (elle serait née entre 270 et 280 après Jésus-Christ), la Cité a rassemblé quand même de nombreux secrets. Ce décor comme irréel qui saute aux yeux de tous les visiteurs qui passe le pont Neuf ou le Pont Vieux à Carcassonne est à apprivoiser, non par la traditionnelle porte Narbonnaise, mais par la porte d’Aude, au pied du château comtal, au parking de l’église Saint-Gimer, construite en 1850 sur les restes de l’ancienne barbacane d’Aude. Voici un bon point de départ pour une visite non officielle coup de cœur. Les meilleurs moments sont le matin ou lors du coucher de soleil.

 

Etape 1. La tour du four Saint-Nazaire. 

Après avoir passé la porte du Mur (la prison de l’inquisition qui se trouvait dans le quartier de la Barbacane), on aperçoit une petite pore en bois  à gauche dans l’enceinte : la foun celado était la source de la Cité au Moyen âge. Après avoir observé les différents changements de pierres et donc d’époque, on grimpe jusqu’à la poterne. On tourne à droite rue du four Saint-Nazaire. Le mur est un des plus vieux du site. Derrière le restaurant la Barbacane, une petite porte s’ouvre sur la première enceinte. L’espace entre les deux murs fait culture des fragments de poteries. La tour du four Saint-Nazaire, une tour wisigothe fait face à une tour à bossage. Elle relevait de la garde de la famille de Cabaret (les fameux châteaux de Lastours à 20 km au nord) jusqu’en 1209. Plusieurs familles locales importantes du comté avaient obligation de tour de garde. En 1229, elles sont remplacées par les sénéchaux royaux. L’inquisiteur habitait en face. C’est aujourd’hui la maison du Bien-être. 


Etape 2. Les graffitis de la tour de l’Evêque ou de l’Inquisition. "On a l’image d’une femme avec les mains attachées dans le dos et quelqu’un qui la frappe. Les tours de Carcassonne sont remplies de prisonniers au temps de l’inquisition, commentent les guides-conférenciers. On ne torture pas les femmes hérétiques. On les brûle vives ou on les oublie". Dans cette tour ronde où la pierre se délite ou le guano des pigeons s’amoncelle, en descendant d’un étage, on découvre les oubliettes. Des graffitis sont encore visibles comme un Christ en croix. Au-dessus, un arbre pousse dans le mur. D’une fenêtre, on perçoit sur la gauche quartier Barbacane le dernier pan de la prison du Mur qui servit de 1287 à 1414. A la mort du dernier Dominicain, on vendit les parcelles en 1703. Lors de la visite guidée normale, on passe par cette tour. Mais auparavant en sortant du château comtal, on passe par la tour de Justice. A la fin du XIIIe siècle, celle-ci rassemblait les archives de l’inquisition pendues dans des sacs de cuir pour éviter d’être mangées par les rats. Seul pouvait y accéder l’inquisiteur par le passage couvert.

 

Etape 3 : Le clocher de la basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse. Laissez-vous transpercer par ses vitraux, notamment celui de l’Arbre de Jessée et l’Arbre de Vie. Ce dernier de 1315 est le thème fourni par le contenu d’une oeuvre de saint Bonaventure, le bois imprégnée du sang du Christ devient le bois de vie. L’ancienne cathédrale qui mélange style gothique et roman (elle a été béni en 1096) doit son développement grâce à l’évêque Radulphe en 1259. Dommage que sa chapelle funéraire de 1263 (1er architecture gothique) qui jouxte le monument et la crypte pré-romane du IXe siècle soient fermées au public. Cette fois, direction le clocher de la basilique. En montant, par un regard, on découvre la sculpture d’un animal sur la rosace Nord. Arrivé sur le faîte du toit, on goûte à un panorama sans égal. Il suffit de traverser l’arête pour parvenir au clocher crénelé sous l’impulsion de Viollet-le-Duc. La 53e tour de la Cité était en 1462, arrondie. De l’autre côté, c’est la vue sur le jardin de l’hôtel de la Cité, sa piscine. Le Grand théâtre, avant la révolution, contenait le palais épiscopal détruit en 1793. Au-dessus de nous, les têtes des bourgeois attendent la poursuite de la restauration "réalisée avec des outils de dentiste", souligne J.-L. Gasc. Entre ciel et gargouilles, faire le tour des clochetons de Saint-Nazaire, c’est alors découvrir les jardins, les tours cachées et tutoyer les martinets.

 

Etape 4 : La mosaïque du château. Dans le château comtal, on entre par la cour du Midi, file devant la tour Pinte où chaque année, quelqu’un vient déposer un bouquet de fleurs en souvenir de la mort, le 10 novembre1209, de Raymond-Roger Trencavel qui est fait prisonnier par Simon de Montfort le 15 août 1209 alors qu’il vient parlementer avec les Français qui assiègent la Cité depuis le 28 juillet dans leur croisade contre les cathares. Sous la tour du Degré, dans la cour d’honneur où se tenait naguère un orme (symbole de l’esprit de tolérance), on descend au chevet de la chapelle Sainte-Marie qui s’élevait à côté du palais du XIIe siècle. Là se trouve, avec ses entrelacs, ses triangles et ses palmettes, la mosaïque romaine de la colonie de Julia Carcaso du Ier siècle avant Jésus-Christ découverte en 1926 et aménagée en 1974. En 1923, on a découvert également dans le coin trois dépôts monétaires cachés lorsque la Cité est tombée au mains des Français. Le logis des Trencavel a été aménagé en musée lapidaire en 1961. A découvrir la fresque du combat de chevalerie de la fin du XIIe siècle, découverte par hasard sous un badigeon de chaux en 1926. 

 

Image 5 - Passages souterrains, place Cros-Mayrevieille. En sortant par le pont du château, à droite, les fossés cachent un souterrain, utilisé pendant la dernière guerre par les Nazis qui rangeaient des véhicules. Un autre passage existe au pied de la tour carrée de l’Evêque, un autre vers à l’Aude. Place du château, autour du buste en hommage à l’historien Jean-Pierre Cros-Mayrevieille (qui mobilisa en 1850 pour la sauvegarde du site avant l’arrivée de Mérimée, Viollet-le-Duc et Boeswilwald) une discrète maquette de la Cité révèle tous ses passages. Un autre existait entre la fenêtre gothique de la tour Saint-Sernin et le cimetière. Saint-Sernin est le seul reste de l’église rasée à la Révolution. Ces soubassements sont représentés par une superbe salle souterraine de 12 m2 avec une voûte en berceau. Pour aller constater sur place, descendez par la place Marcou. Faites un détour au début de la rue du Plô se trouve l’école occitane la Calandreta (prononcez calandreto). Puis rejoignez la rue Cros-Mayrevieille, passez sous les tours narbonnaises construites entre 1280 et 1287. Levez la tête pour apercevoir la reproduction de la Vierge à l’enfant du XIVe siècle. Puis parvenez à droite dans les lices. 

 

Etape 6 - La tour de la Vade. C’est la grande tour qui se dresse dans les lices hautes. Ici séjournaient les morte-paye, les soldats français qui pour s’entraîner “ tiraient au papagaye ” à l’arbalète sur la girouette. Ils étaient encore 110 au XVIIIe siècle alors que la place forte ne possédait plus de position stratégique face à l’Espagne depuis le traité des Pyrénées et le recul de la frontière en 1659. La ville comptait alors 2000 habitants contre moins d’une centaine aujourd’hui. La clé de voûte de la tour est une Vierge à l’Enfant. Le faubourg Saint-Michel lui faisait face sur la petite colline.

 

Etape 7 - Les fontaines de la Cité. Après la foun Celado de la porte d’Aude, la foun grande était la 2e source, chemin des Anglais. Elle était le lieu de rendez-vous des amoureux, à droite du portail du domaine. La Cité possède aussi deux puits.

 

Etape 8 - Les anciens remparts. Derrière la palissade au pied de la tour du Trésau (qui signifie trésor), tour originale par son toit à la flamande, l’arase du mur gallo-romaine est conservé derrière le rempart de Philippe III le Hardi. “Toute une ville de tours, de murailles, de mâchicoulis et de créneaux, dessinée en deux enceintes, couronnée de grise ardoise, bouclée au plus juste, sans une lézarde, sans un pli, ponts-levis et herses au rendez-vous, courtines poissées ou brunies, du soleil là-dessus la plupart du temps, les lices pleines d’herbes où nous jouâmes enfants, une ligne qui s’accorde à la ligne même des Corbières, voilà la Cité ”. Comme Joseph Delteil dans “ la Belle Aude ”, on aime rester à son écoute. 

 

Etape 9 -Porte de Rodez le rempart gallo-romain

Alors on se laisse perdre rue Notre-Dame pour descendre par la porte de Rodez. A gauche dans les lices basses, cette partie de la muraille est la plus ancienne de la Cité. C’était la préférée de l’historien Joseph Dovetto. On pourrait sortir par la poterne Notre-Dame vers la rue Trivalle puis longer la Cité sur la gauche par l’extérieur jusqu'à l’échauguette et descendre à Saint-Gimer le, long de la Barbacane Ou sinon on revient par la porte d’Aude pour boucler la boucle. Cette Cité, toujours reconstruite, rêvée obstinément par quelques irréductibles, poètes, érudits. La Cité aujourd’hui est inscrite dans l’Opération Grand Site, afin de l’adapter à la diversité des publics avec de meilleurs accueils et des parkings moins proches dans et près du monument, d’aménager un nouveau circuit de visite et de créer un centre d’interprétation moderne. C’est vrai que le monument a besoin d’un lifting quand on voit la porte d’Aude manquante de pavés, l’herbe haute, des détritus dans des meurtrières ou des graffitis. “Mais les songes peuvent être assez forts pour faire tenir les pierres debout”, dit un documentaire des Monuments Nationaux. Aujourd’hui les songes sont entretenus par les guides conférenciers comme Jean-Louis Gasc, Sébastien Durand et Fabienne Calvayrac. 

Patrice Teisseire-Dufour 

 

A savoir

Derrière la Cité : Construite au XIIIe siècle, la Bastide Saint-Louis ou ville basse est la vraie ville de Carcassonne. Chaque samedi, la place Carnot, ancienne place aux herbes connaît un marché très animé. On peut rejoindre la ville basse par le Pont-Vieux puis par le portail des Jacobins et sa rue piétonne. La Cité compte de nombreux musées plus ou moins intéressants. Le seul qu’il ne faut pas rater est le musée lapidaire au cœur du château comtal. 

Pour les visites guidées, tél : 04 68 11 70 72 ou 77. 

Office du tourisme : tél : 04 68 10 24 30 

Maison du tourisme vert, 78 ter rue Barbacane, tél : 04 68 11 40 70. Elle propose aussi le chemin peiras e vinhas au départ de Saint-Gimer.

Les sites Internet : www.carcassonne.culture.fr ou www.cathares.org


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