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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 11:30

On connaissait Cucugnan pour le sermon de son curé. C’est aujourd’hui le boulanger meunier qui fait parler de lui : Roland Feuillas. Un personnage à la Pagnol, un philosophe du pain, parti d’un questionnement : “Est-ce qu’on peut changer la vie ?”. On l’écouterait des heures raconter les moindres détails de tout le système qu’il a mis en place. “Le pain est à la base de la nutrition humaine. Quand j’étais actif dans l’ingénierie informatique, je faisais déjà mon pain, j’avais construit plusieurs fours et j’étais ami avec des boulangers compagnons du devoir”.

Un jour, après voir restauré un moulin à Nîmes, un ami lui recommande d’aller voir le Moulin de Cucugnan. C’est un coup de foudre. Le Gardois propose de remettre en activité le moulin seigneurial qui prône tout en haut du castrum. Réponse positive quasi immédiate de la mairie. Roland décide alors de demander un droit de mouture. En 2005, il lâche son métier pour s’installer à Cucugnan. “Avec ma femme Valérie, cela nous a demandé deux ans pour démarrer. On a alors traversé une période extrêmement complexe : tout apprendre, comprendre, retrouver pour tout lancer”.Meunier-Cucugnan--128.jpg (photo Paul Delgado)

C’est là qu’apparaît toute l’originalité de Roland Feuillas. Notre boulanger s’attache aux valeurs nutritionnelles des blés. Il décide avec l’aide de spécialistes de l’INRA (institut national de recherche agronomique) et quelques collectionneurs de céréales de variétés anciennes de n’avoir que des semences non hybridées. “Cultivées sans engrais, sans aucun produits chimiques, ces céréales donneront une farine d’exception, sur meule de pierre exclusivement et en une seule passe”. Un des aspects premiers recherché est de préserver le germe dans la farine et offrir un composé de protéines, de sels minéraux, d’acides aminés exceptionnel.

Ce qui m’a attiré à Cucugnan, c’est d’être dans une terre saine et vivante. La notion de Terre-Mère existe encore ici. Il faut préserver à tous prix ces endroits d’exception”. Les champs de ses blés se trouvent à Mirepoix, Carcassonne, Albières, Mouthoumet et Claira. Il est en train d’acquérir trois hectares de terres au pied de son moulin pour y faire un “jardin à blés”.

Il lui a fallu aussi à apprendre à manier le moulin à vent après divers stages et réglages. Et ce n’est pas fini. Le boulanger utilise des pierres meulières en granit du Sidobre, “car quand on fait tourner quartz sur quartz, on génère des effets piézoélectriques. Cela permet de faire un tri unique sur tissus de soie et d’éliminer les particules riches en cellulose”.

Enfin, un Colombien est venu lui construire un four unique, maçonné en argile, car ce savoir-faire ne se trouve aujourd’hui plus qu’en Amérique du Sud. “On fait les cuissons à chaleur tombante, en une seule fournée. On ne peut avoir meilleure cuisson qu’avec ce four. Vous pouvez vous nourrir uniquement de ce pain. Avec lui, on rebranche les hommes avec la terre”. Le résultat est délicieux et authentique : pains au froment, à l’épeautre, au seigle, et tout un cortège de gâteaux, brioches, fougasses, macarons, biscuits traditionnels. Féru de catharisme et d’Occitanie, Roland Feuillas veut en transmettre les valeurs. Les grands Chefs l’appellent pour suivre des stages. “Si on perd les savoir-faire on perd la notion de « métier », on perd donc son âme, souligne le boulanger. Les richesses sont faites pour être partagées. Quand on voit qu’un petit groupe de gens sur cette planète peut faire monter de 20% le cours du blé, le matin, pour le revendre à meilleur prix le soir, on se rend compte qu’on est dans la sphère du diable”.

Tout ce qu’on a, on l’a pris à quelqu’un”, cite-t-il, de Teilhard de Chardin. Mais c’est un verset extrait d’une prière cathare du XIVe siècle, écrit au fronton de son fournil, qui résume le mieux sa philosophie du pain : “Donne-nous à connaître ce que tu connais et à aimer ce que tu aimes”. Ça vaut bien le sermon du curé de Cucugnan. 

Les Maîtres de Mon Moulin, rue du Moulin, tél : 04 68 33 55 03 ou www.farinesdemeule.com Ouvert du mardi au dimanche. 7j/7 de Pâques à Octobre. Un salon de thé est installé près du moulin. Se garer au pied du village. Monter par la première rue à gauche puis encore à gauche.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 15:04

Une nouvelle affaire d’acquisition de terrains de montagne touche les Pyrénées-Orientales.

C’est un terrain qui va faire du bruit. Après l’interdiction aux randonneurs de pénétrer dans le massif du Madres cet été, une nouvelle affaire d’acquisition de terrains de montagne touche les Pyrénées-Orientales.

Il s’agit du complexe de tir du Puig de la Tossa, dans la forêt domaniale de Clavera à plus de 1 800 m d’altitude. Le Centre National d'Entrainement Commando (CNEC) de Mont-Louis s'y entraîne depuis trente-trois ans.

Le site de 190 hectares appartient aux communes de Sauto (125 hectares), d’Ayguatébia, de Canaveilles et La Llagonne. “Il y a trois ans, explique Bernard Malpas, le maire de Canaveilles, pour les trente ans du bail, nous avons décidé d’augmenter pour la première fois le loyer. Cela n’a pas plu à l’Armée”. Le bail a alors été renouvelé pour trois ans, mais l’Armée a décidé de se porter acquéreur, pour des raisons économiques. La poule aux œufs d’or n’a plus d’argent. La location coûtant 45 000 euros par an.


Mais les quatre communes s'y opposent, rétorquant une libre utilisation faite par les randonneurs, chasseurs, skieurs de fond de la Clavera, coupe de bois et autres services communaux.
Les maires craignent que ces terres soient clôturées en devenant propriété de l'Armée. Celle-ci s’en défend, arguant que les droits de passage seront maintenus. “On a des garanties verbales, explique Michel Santanach, le maire de Sauto, mais qu’est-ce qu’il vont faire dessus ?

L’Armée a lancé une déclaration d’utilité publique, une DUP. C’est une procédure administrative qui permet de réaliser une opération d’aménagement, via une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique. “Le service des Domaines aurait fixé un prix d’achat de l’ordre de 20 cts d’euros du mètre carré, explique Michel Santanach. Nous espérons une table ronde organisée par le préfet pour trouver une autre solution, car nous ne voulons toujours pas vendre”. 

Les quatre maires doivent en appeler aussi à Christian Bourquin, le président de la région Languedoc-Roussillon et à la députée de la circonscription Ségolène Neuville. Le bail se termine en juin.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 17:03

TourBaterecCharles-D-ANGEST-RAPHEL.gifSituée à 1450 m d’altitude, sur un épaulement oriental du massif du Canigou, la tour de Batère (Pyrénées-Orientales) est malade. Prête à s’effondrer de ses dix mètres de haut si on ne la restaure pas.

Une association s‘est formée il y a deux ans, présidée par Marguerite Dagues, maire de la commune de Saint-Marsal sur laquelle se trouve à moitié ce monument et à moitié sur Corsavy. Aujourd’hui, elle fait appel aux dons défiscalisés et à toutes les bonnes volontés, notamment des entreprises de maçonnerie.

Le conseil général a déjà prévu une subvention. Cette tour du Vallespir fait partie du réseau des tours à signaux, répondant à celles de la Massane, Cabrenç, Mir et Corsavy.Tour-de-batere-006.gif

Sauvegarde de la tour de Batère : 04 68 83 90 17 ou 06 25 94 75 86

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